Description

Chaque année, au Canada, environ 35 % des blessures sont subies lors de la participation à des sports ou pendant l’exercice.

En règle générale, les personnes qui pratiquent un sport sont plus sujettes que les autres gens du même âge aux lésions des muscles ou des tendons et aux fractures des os. Cela ne signifie pas pour autant que tout sport doit être évité – les avantages pour la santé l'emportent de loin sur les inconvénients que constituent les blessures sportives.


Causes

Les blessures sportives sont généralement dues à des méthodes d'entraînement inadéquates, des anomalies structurelles, une faiblesse des muscles, des tendons ou des ligaments et à des lieux peu propices à une activité sécuritaire. La cause la plus fréquente de blessure est un entraînement inadéquat – par exemple, ne pas accorder aux muscles assez de temps pour récupérer après une séance d'exercice (ils ont besoin de 48 heures de repos), augmenter l'intensité trop rapidement et ne pas s'arrêter lorsque la douleur s'accroît pendant l'exercice.

L'architecture osseuse de chacun de nous diffère légèrement de celles des autres, et nous possédons presque tous un ou deux points faibles où la disposition des os et des muscles prédispose aux blessures. Voici quelques facteurs de prédisposition aux blessures des chevilles, des jambes, des genoux et des hanches :

  • une jambe plus longue que l'autre;
  • une pronation excessive (les pieds plats);
  • les pieds creux (la voûte plantaire surélevée);
  • les jambes arquées et les genoux cagneux.

Le fait d'avoir une jambe plus longue que l'autre peut gêner le coureur et augmenter ses risques de blessures, mais beaucoup de personnes dont les jambes sont de même longueur peuvent souffrir des mêmes blessures en courant sur une piste inclinée ou le long d'une route bombée au centre. En effet, au niveau de la hanche, la jambe qui touche le sol du côté le plus élevé absorbera un plus grand impact que l'autre.

La pronation est le mouvement du pied vers l'intérieur après que le talon a touché le sol et avant que le poids ne soit transféré vers l'avant du pied. En roulant vers l'intérieur, le pied répartit le choc de l'impact avec le sol. S'il roule trop facilement, toutefois, il peut susciter une inégalité de tension sur les muscles et les ligaments situés plus haut dans la jambe.

Si une cheville ou un pied trop souple peut provoquer une pronation excessive, une cheville trop rigide sera à l'origine d'un pied creux. Bien qu'elle puisse être normale, la voûte plantaire apparaît très élevée, car le pied ne s'aplatit pas vers l'intérieur lorsqu'il est soumis à un poids. Un tel pied absorbe insuffisamment les chocs et accroît le risque de fractures dans le haut des jambes.

À long terme, les jambes arquées ou les genoux cagneux accroissent la pression absorbée par les genoux et les chevilles et peuvent augmenter les risques d'entorses.

D'autres affections structurales rendant les blessures sportives plus fréquentes comprennent :

  • une lordose lombaire excessive : une cambrure de la partie inférieure de la colonne vertébrale;
  • la patella alta : une rotule située trop haut;
  • un angle Q élevé : une rotule déplacée sur un côté, comme dans les genoux cagneux.

Le fait d'avoir certains muscles très développés et d'autres faibles peut entraîner des blessures. Si les quadriceps (les muscles antérieurs de la cuisse) sont très développés, cela peut accroître le risque d'une élongation ou d'une déchirure des muscles ischio-jambiers (les muscles postérieurs de la cuisse). Pour de nombreux adeptes de la course à pied, la rigidité des bandelettes de Maissiat peut causer des douleurs aux genoux.

Les blessures causées par la surutilisation proviennent de blessures microscopiques infligées de façon répétée à une partie du corps. Même après des années d'expérience, de nombreux coureurs de fond subissent des blessures dues à la surutilisation. Ceux qui courent sur la route le font sur une surface dure et parfois irrégulière, et les mouvements sont répétitifs. De plus, les montées et les descentes accroissent la tension exercée sur les tendons et les muscles de la partie inférieure de la jambe. Les blessures de course sont plus susceptibles de se produire avec des chaussures ou des espadrilles inadaptées. Les meilleures chaussures sont celles qui empêchent le talon de bouger d'un côté et de l'autre et qui absorbent l'impact de façon suffisante.

Les personnes qui pratiquent un sport de raquette ont plutôt tendance à se blesser dans le haut du corps. La nécessité de tenir fermement la raquette et le choc de l'impact avec la balle peuvent être à l'origine de diverses blessures des tendons du poignet et du coude, tels que les épicondylites du joueur de tennis, qui causent une douleur au coude, qui peut s'étendre aux muscles de l'avant-bras. De plus, le bras de l'être humain n'est pas réellement conçu pour des activités trop vigoureuses au-dessus de la tête, et le tennis est l'une des causes majeures de la tendinite de la coiffe des rotateurs (articulation de l'épaule), qui est potentiellement l'une des blessures sportives les plus compliquées. Continuer de jouer avec une douleur à l'épaule peut mener à la fatigue ou à la déchirure des tendons de la coiffe des rotateurs et nécessiter une intervention chirurgicale.

Symptômes et Complications

Certaines des blessures sportives les plus fréquentes sont parmi les suivantes :

La périostite tibiale : la périostite tibiale peut avoir plusieurs causes et peut affecter la partie interne ou externe de l'avant-jambe. Lorsque la partie frontale du tibia est affectée, la douleur touche la surface du tibia dès que le talon frappe maladroitement le sol. Dans le cas d'une périostite tibiale postéro-médiane, la douleur se localise dans la partie interne du tibia et s'accentue lorsque le sujet se tient sur la pointe des pieds. Si on court avec de telles blessures, la douleur tend à irradier vers le genou. Des tests sont souvent nécessaires afin de définir la nature exacte et la cause du problème.

La tendinite d'Achille : le tendon d'Achille (le tendon solide attaché à l'arrière de la cheville) est plus susceptible d'être blessé par les sports nécessitant des sauts et de la course. Il est alors sensible lorsque vous le pressez entre vos doigts. La douleur est habituellement maximale le matin et s'améliore avec la marche. Un vigoureux exercice accroîtra un peu la douleur, puis la soulagera. Cependant, aucun exercice faisant intervenir un tendon d'Achille blessé ne doit être pratiqué sans la supervision d'un thérapeute ou d'un médecin en médecine sportive ou jusqu'à ce que le tendon ait guéri.

L'entorse lombaire : la blessure classique des haltérophiles peut également apparaître au cours de la pratique de sports qui nécessitent une rotation rapide du dos, comme le golf et le base-ball. Une douleur soudaine dans la partie inférieure du dos apparaît alors lorsque le sujet se tourne ou soulève quelque chose. Elle peut paraître mineure pendant une heure ou deux, mais continuer l'exercice entraîne généralement une détérioration rapide, accompagnée d'une douleur extrême et de spasmes dans le dos.

Les épicondylites latérales et médiales : plus connues sous le nom d'épicondylites du joueur de tennis par revers et par coup droit. L'épicondylite par revers peut aussi survenir par l'usage excessif d'un tournevis, cependant le tennis est souvent plus problématique, car, outre le fait d'empoigner avec force, l'action des chocs répétés transmis par les tendons du poignet est également importante. L'épicondylite par coup droit est également fréquente chez les golfeurs, les joueurs de base-ball et les personnes qui doivent tirer de lourds bagages. Son symptôme est la douleur ressentie lors de la flexion du poignet vers l'arrière (tendons latéraux) ou l'avant (tendons médiaux).

La fracture de fatigue métatarsienne : les orteils, du second au quatrième, sont susceptibles de casser si le sujet s'appuie dessus pour courir, qu'il s'agisse de sprint ou de course de fond. Dans l'armée, les nouvelles recrues qui participent à un entraînement comportant des exercices de marche et de course sont aussi susceptibles aux fractures de fatigue. Parce qu'ils sautent souvent, les danseurs et les gymnastes sont eux aussi prédisposés à ce genre de blessure. Le haut du pied commence alors à faire mal durant l'exercice et la douleur s'arrête généralement à la fin. Puis, la douleur apparaît de plus en plus tôt et s'accentue régulièrement à chaque nouvelle séquence d'exercices. Une fracture peut prendre jusqu'à 3 mois pour guérir complètement.

Tout tendon blessé peut subir des déformations permanentes si on ne le laisse pas guérir sans le soumettre à des efforts. Le tissu du tendon normal peut alors être remplacé par un tissu fibreux inflexible au cours d'un processus appelé dégénérescence mucoïde. Le ligament rattachant le tendon à l'os peut se déchirer, provoquant un saignement constant et même une déformation de l'os à l'endroit de contact avec le tendon. Cela forme un éperon douloureux à chaque mouvement. Dans le pire des cas, la douleur peut devenir constante avec ou sans mouvement, et les zones douloureuses peuvent s'affaiblir de façon permanente.

Il est essentiel de suivre les conseils du médecin au sujet du repos. Si aucun médecin ne peut être consulté dans l'immédiat, il faut éviter tout exercice impliquant la zone affectée jusqu'à ce que la guérison soit certaine.

Diagnostic

La description des circonstances de la blessure suffit normalement à éclairer le médecin ou le spécialiste des blessures sportives sur la nature de la blessure. Il existe également de nombreux tests standards pour les blessures sportives, tous basés sur la flexion de l'articulation ou du tendon affecté. Dans le cas de l'épicondylite, par exemple, le sujet place son avant-bras sur la table et fléchit le poignet vers l'avant ou l'arrière tandis que le médecin retient sa main. Selon la nature de la blessure, on peut aussi pratiquer une radiographie et d'autres scanographies, mais ces tests ne sont généralement nécessaires que pour les blessures graves et les fractures.

Traitement et Prévention

Le traitement des blessures sportives est basé sur le principe RGCÉ :

  • Repos,
  • Glace,
  • Compression,
  • Élévation.

Le repos permet d'éviter toute nouvelle blessure et tout saignement. La glace soulage la douleur et réduit l'inflammation en resserrant les vaisseaux sanguins. L'élévation et la compression limitent le gonflement et l'accumulation de fluide autour de la zone blessée.

La glace doit être concassée de façon à bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être placée dans un sac enroulé autour de la blessure. Placez d'abord une serviette entre le sac et la peau et maintenez le sac de glace avec un bandage, sans trop serrer, pour ne pas empêcher la circulation du sang. La glace ne resserre les vaisseaux sanguins que pendant environ 10 minutes, après quoi ils « regonflent ». Pour les blessures très fraîches ou traumatiques, ne laissez la glace en place que pendant 10 minutes à la fois, puis enlevez-la. Alternez ainsi pendant une ou deux heures en élevant continuellement la partie du corps blessée.

Cette procédure doit être suivie plusieurs fois durant le premier jour après une blessure. Ensuite, on peut appliquer de la glace pendant des périodes plus longues, jusqu'à 30 minutes à la fois, afin de réduire l'enflure et de soulager la douleur davantage. Les sacs de pois ou de maïs congelés fonctionnent à merveille. Si la blessure se situe au niveau de la jambe ou de la cheville, n'essayez pas de vous lever le premier jour et maintenez la jambe élevée autant que possible.

En outre, il semblerait que les techniques de chiropratique, comme les manipulations, associées à la  thérapie de la chaîne cinétique fermée ou à l’exercice pourraient aider à traiter les entorses lombaires.

Si vous pouvez pratiquer d'autres exercices sans exercer de tension sur la partie blessée, vous pouvez les faire pour vous maintenir en forme, mais n'essayez pas de faire usage de la partie blessée jusqu'à ce que la guérison soit en bonne voie. Vous pourrez par la suite reprendre des exercices légers pour remettre votre corps en condition. À long terme, il peut être bénéfique d'exercer davantage la partie qui a été blessée afin d'éviter que de tels événements ne se répètent. Un médecin ou un physiothérapeute pourra alors recommander des exercices spécifiques pour renforcer des muscles ou des tendons en particulier.

D'autres traitements font appel à la chirurgie et aux injections de stéroïdes. La chirurgie est cependant une mesure extrême dont vous n'aurez pas besoin si vous respectez les régions blessées. Les injections de stéroïdes peuvent soulager la douleur, mais aussi retarder la guérison. Elles peuvent être utilisées sans risque une ou deux fois, mais ne doivent jamais être employées comme traitement curatif ni en premier recours.

Voici deux façons de prévenir les blessures sportives. L'une consiste à utiliser l'équipement adéquat. Cela peut signifier des chaussures bien ajustées et adaptées au sport que vous pratiquez et éventuellement des semelles orthopédiques pour contrôler tout mouvement excessif du pied. Celles-ci peuvent réduire la largeur des chaussures, vous aurez alors peut-être besoin d'en acheter de nouvelles. Le port d'un casque, d'un masque et autre équipement de protection conforme aux normes de fabrication et ajusté adéquatement peut prévenir de nombreuses blessures sportives importantes.

Une bonne technique est essentielle pour éviter les accidents. Par exemple, les joueurs de tennis doivent éviter les manches de raquettes trop étroits et essayer de jouer les coups droits et les revers avec tout le bras et l'épaule plutôt que seulement le poignet. Les cordes des raquettes ne doivent pas être trop tendues. Les balles mouillées et lourdes sont plus susceptibles de causer des problèmes, ainsi que les balles excentrées.

L'autre façon de prévenir une blessure consiste à faire des échauffements et se détendre après l'effort au moyen d'étirements adéquats. Les meilleures données médicales suggèrent que l'échauffement renforce les muscles et leur résistance aux blessures. Les étirements améliorent la performance musculaire, mais pas la résistance aux blessures; ils sont donc particulièrement efficaces après l'exercice. Ils ne devraient en aucun cas être faits jusqu'à être douloureux. La récupération peut aider à prévenir les vertiges dus à l'engouffrement du sang dans les veines dilatées des jambes, mais pas à éviter les douleurs musculaires du lendemain, dues à des blessures aux fibres.

Tous les sports fatigants causent des lésions microscopiques aux fibres musculaires individuelles. L'exercice agit en leur permettant de guérir encore plus forte qu'auparavant. À condition toutefois qu'elles aient le temps de guérir. Cela prend 48 heures. Il est donc déconseillé de faire travailler vigoureusement le même muscle deux jours de suite, car cela l'endommagerait plus rapidement qu'il ne guérit. Si vous tenez à faire des exercices quotidiennement, il faut faire travailler différents groupes de muscles en alternant les jours ou faire des exercices de musculation un jour et des exercices cardiovasculaires le jour suivant. En suivant ces recommandations, vous devriez pouvoir vous exercer régulièrement, et ce, sans vous blesser.

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