Description

L'hépatite est le terme médical qui désigne une inflammation du foie. Le virus de l'hépatite C est l'une des multiples causes d'inflammation du foie. L'inflammation du foie peut également être provoquée par d'autres types de virus de l'hépatite, de même que par l'alcool, certains médicaments et d'autres problèmes moins fréquents.

L'hépatite C est une cause fréquente d'inflammation du foie, de maladie du foie et de cancer du foie en Amérique du Nord. Au Canada, près de 387 000 personnes sont atteintes d'hépatite C, mais un grand nombre de celles-ci ne sont pas conscientes qu'elles sont porteuses du virus. Cela s'explique par le fait que beaucoup de personnes infectées par le virus de l'hépatite C n'ont pas de symptômes.

L'hépatite C se transmet d'une personne à l'autre par voie sanguine ou par facteurs sanguins (comme le plasma) infectés par le virus. Les tests modernes de dépistage ont pratiquement fait disparaître la transmission de l'hépatite C par facteurs sanguins (par ex. lors des transfusions). De nos jours, au Canada, l'hépatite C se propage principalement par le biais de seringues contaminées, utilisées pour la consommation de drogues.


Causes

Le virus de l'hépatite C (VHC) se propage par voie sanguine et peut être transmis des façons suivantes :

  • lors d'échanges de seringues pour l'usage clandestin de drogues illicites. Au Canada, c'est la principale voie de propagation de l'hépatite;
  • lors de l'utilisation d'instruments et de seringues non stériles pour les tatouages et les piercings;
  • lors de la transplantation d'un organe (rein, foie ou pancréas) reçu d'un donneur infecté par le VHC. Cependant, les donneurs d'organes au Canada et aux États-Unis sont soumis à des tests de dépistage de l'infection par le VHC. Ainsi, le risque est faible d'être infecté par le virus après une transplantation d'organe;
  • lors d'une transfusion sanguine. C'était autrefois une des principales causes de propagation du virus de l'hépatite C. Mais, de nos jours, les tests de dépistage pratiqués sur tous les échantillons de sang donné ont presque fait disparaître ce canal de propagation du virus;
  • lors d'échanges d'articles d'hygiène personnelle, tels que rasoirs, ciseaux, coupe-ongles ou brosse à dents, avec une personne infectée;
  • lors de comportements sexuels à risque élevé (rapports sexuels avec plusieurs partenaires ou sans faire usage de préservatifs).

Bien que le risque soit limité, les personnes atteintes d'infections sexuellement transmissibles ou les personnes porteuses du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) pourraient contribuer à l'accroissement du risque de transmission par voie sexuelle de l'infection par le VHC. Le risque de transmission du virus d'une femme enceinte à son bébé est également limité. Il se peut qu'une mère allaitant son bébé transmette son infection à son bébé si son mamelon est fendillé et saigne. Les prisonniers et les prestataires de soins de santé exposés à du sang infecté courent un risque accru de contracter le virus. Les médecins ne connaissent pas la durée pendant laquelle une personne infectée par le virus reste contagieuse. C'est la raison pour laquelle on conseille à toute personne positive au test de dépistage de l'anticorps VHC de prendre ses précautions afin d'éviter que l'infection se propage. Consultez la section « Traitement et Prévention » pour de plus amples renseignements.

Symptômes et Complications

Lorsque le VHC infecte pour la première fois l'organisme, on parle de phase aiguëLors de la phase aiguë, certaines personnes ressentent les symptômes suivants : fatigue et jaunisse (jaunissement de la peau et des yeux). D'autres symptômes tels que les maux de tête, la fièvre, des douleurs musculaires et les douleurs abdominales peuvent également survenir. Les symptômes apparaissent 2 à 12 semaines après l'infection et durent de 2 semaines à 3 mois.  Cependant, de nombreuses personnes ne ressentent aucun symptôme pendant cette phase aiguë de l'infection.

Alors que certaines personnes peuvent éradiquer le virus de leur organisme après la phase aiguë,  environ 80 % des personnes atteintes d'hépatite C développeront une infection chronique. Du fait de sa progression lente, il peut s'écouler de 20 à 30 ans avant que les symptômes de l'hépatite chronique apparaissent. Parmi les symptômes de l'hépatite C chronique figurent l'épuisement, la jaunisse, les douleurs abdominales, la formation d'ecchymoses (de bleus) et des saignements plus fréquents, un mauvais appétit, des démangeaisons, et articulaires.

À long terme, les complications de l'infection par le VHC comprennent la cirrhose du foie ( rétrécissement permanent du foie réduisant l'efficacité de cet organe,, l'insuffisance hépatiqueet le cancer du foie. Bien que ces complications puissent mettre des années à se développer, 10 % à 20 % des personnes atteintes d'hépatite C développeront une cirrhose du foie, parmi lesquelles 1 % à 5 % développeront un cancer du foie.

Diagnostic

Les médecins ont recours aux analyses de sang pour déterminer si une personne est atteinte ou non d'hépatite C. Ces analyses comprennent des tests de dépistage du virus de l'hépatite C ou des anticorps produits par l'organisme qui combat le virus, ainsi que des tests pour mettre en évidence une inflammation ou des dommages causés au foie.

Le test anti-VHC détecte la présence d'anticorps du virus de l'hépatite C. Les anticorps sont produits par le système immunitaire en cas de présence d'un corps étranger (comme un virus) dans l'organisme. Ce test détermine si une personne a été exposée au virus de l'hépatite C mais il ne mesure pas l'étendue du virus dans l'organisme. Un autre test appelé HCV RNA détecte, lui, la présence du virus de l'hépatite C dans le sang et peut en mesurer l'étendue dans l'organisme.

On a recours aux analyses de sang pour mettre en évidence une inflammation ou des dommages causés au foie. Ces analyses mesurent le taux d'enzymes présentes normalement dans les cellules du foie. Lorsque les cellules du foie sont enflammées ou endommagées, elles libèrent davantage d'enzymes dans le sang qu'en temps normal. L'alanine aminotransférase (ALT) et l'aspartate aminotransférase (AST) sont des exemples d'enzymes présentes dans les cellules du foie.

Dans certains cas, on peut procéder à une biopsie du foie afin de déterminer l'étendue des dommages causés par l'hépatite C au foie.

Traitement et Prévention

Traitement

 Dans environ 25 % des nouvelles infections par l'hépatite C, l'infection disparaît d'elle-même dans les 6 mois. Au Canada, la décision de se faire soigner pendant cette période se fait au cas par cas. Cependant, dans la plupart des cas d'hépatite C chronique, un traitement est recommandé

De nombreux facteurs entrent en considération lorsqu'il s'agit de choisir un traitement. Votre médecin vous aidera à déterminer si un traitement vous convient.

Au cours des années, les taux de guérison de l'hépatite C ont considérablement été améliorés. Le traitement antiviral peut également aider à ralentir la progression des lésions hépatiques et à réduire le risque de cirrhose ou de cancer du foie.

Les personnes infectées par le VHC doivent subir des analyses sanguines avant leur traitement pour aider à déterminer quel médicament leur conviendra le mieux. Le choix du traitement dépend du type génétique (génotype) du VHC qui cause l'infection. Les génotypes les plus fréquents sont les génotypes 1, 2 et 3. La durée du traitement peut varier selon le type de VHC que la personne a contracté et d'après la gravité des lésions hépatiques.

La recherche sur la mise au point de médicaments pour le traitement de l'hépatite C progresse rapidement, permettant des avancées dans les domaines des médicaments antiviraux et des stratégies de traitement. La plupart des traitements antiviraux sont utilisés pendant 8 à 12 semaines, bien que certains peuvent l'être plus longtemps. Parmi les effets secondaires des médicaments antiviraux, on peut retrouver, selon le médicament utilisé, des symptômes apparentés à ceux de la grippe, de l'anémie, de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête, une perte de poids, de la nausée, des éruptions cutanées et de la douleur musculaire ou osseuse.

Si le foie est gravement endommagé par l'hépatite C, une transplantation du foie peut s'avérer nécessaire, mais cela n'éradiquera pas le virus dans la plupart des cas.

Si l'on vous a diagnostiqué une hépatite C chronique, vous pouvez prévenir de nouveaux dommages causés à votre foie en ne buvant pas d'alcool et en ne fumant pas de cigarettes ni de cigares. Certains médicaments courants, sur ordonnance ou en vente libre, de même que les produits à base de plantes peuvent également endommager davantage votre foie. Consultez votre médecin ou un professionnel de la santé pour savoir quels sont les risques en cas de prise de certains médicaments.

Prévention

À l'heure actuelle, il n'existe pas de vaccin pour prévenir l'infection par le VHC. Par conséquent, il est important d'éviter de s'exposer au virus. Prenez les précautions suivantes pour réduire votre risque d'infection :

  • n'utilisez pas la brosse à dents, le rasoir ou tout autre objet susceptible d'être couvert du sang d'une personne atteinte d'hépatite C;
  • utilisez des préservatifs en latex pendant vos rapports sexuels et diminuez le nombre de vos partenaires sexuels si vous en avez plus d'un;
  • si vous travaillez dans un hôpital ou dans un autre établissement de santé, portez des gants et des vêtements de protection quand vous manipulez des seringues et d'autres objets coupants contaminés;
  • si vous envisagez d'avoir un tatouage ou un piercing, assurez-vous que la personne qui pratique l'opération stérilise les instruments et les fournitures;
  • évitez l'usage clandestin de drogues illicites (y compris la cocaïne par voie intranasale ou « sniffée ») ou cherchez un programme de réhabilitation pour toxicomanes. Si vous prenez de la drogue par injection, n'utilisez pas les seringues ou le matériel d'autrui (par ex. le coton, les cuillères et l'eau).

Prenez contact avec votre médecin si vous ressentez les symptômes de l'hépatite, ou si vous pensez avoir peut-être été exposé au virus par l'intermédiaire d'une personne infectée.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.

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