L'hyperphagie est une trouble méconnu et malcompris...
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«Je dirais que je suis trop et que jaimerais être rien», annonce demblée Monica Harvie lorsquon lui demande de décrire la perception quelle a delle-même. Cette jeune femme souffre depuis plusieurs années dhyperphagie, un trouble alimentaire qui atteint près de 3% des femmes âgées entre 20 et 40 ans, à Montréal. © Archives
Contrairement aux autres troubles alimentaires, cette maladie est aussi présente chez les hommes, à quelques dixièmes de pourcentage près.
Selon le Dr. Howard Steiger, chef de service de lunité des troubles alimentaires de lhôpital Douglas, lhyperphagie est un trouble dans lequel la personne vit une perte de contrôle terrible concernant lappétit. Cest donc dire quelle sempiffre à travers des crises de boulimie de répétitions, sans compensation.
«Cest comme si on avait pas de fond. La différence entre lhyperphagie boulimique et la boulimie cest quon ne provoque pas de vomissements et on ne se purge pas», explique Micheline Charette qui souffre dhyperphagie depuis près de sept ans.
Lors des crises qui se qualifient dorgies alimentaires, les personnes atteintes dhyperphagie peuvent ingurgiter un nombre incommensurable de calories provoquant ainsi une prise de poids rapide.
«Le but ultime de tous les troubles alimentaires est de perdre du poids et dans lhyperphagie, tu torganises pour que ça arrive surtout pas, cest à se demander pourquoi on fait ça», se questionne Monica.
«Ce que les gens ne comprennent pas, cest ce que lon consomme nest pas quun morceau de gâteau, cest le gâteau au complet. Cest de lexcès, cest de labus, cest de lorgie», sexclame avec émotion Mme Charette qui affirme constater une grande incompréhension au sein de la société et même de son entourage.
Pourtant, 30% des gens qui souffrent dobésité peuvent démontrer des excès alimentaires, des comportements qui cachent un mal-être et un désespoir immenses qui mènent immanquablement à un état dépressif.
«Cest ça lhyperphagie, cest une façon de se bercer, de se réconforter, de rendre la vie possible», conclut Mme Alison Hackney, 56 ans, qui lutte contre lhyperphagie depuis 40 ans.
Pour le moment, lAssociation Québécoise daide aux personnes souffrant danorexie et de boulimie (ANEB) est le seul organisme qui offre une aide spécialisée pour les personnes atteinte dhyperphagie. Dailleurs, une ligne daide est mise en place : 1 800 630-0907.
Dans le cadre de la semaine de prévention des troubles alimentaires, Canoe.ca a rencontré trois femmes atteintes dhyperphagie afin de démystifier cette maladie méconnue.
Voici nos trois vidéoreportages
Hyperphagie: manger pour oublier
Hyperphagie: un mal incompris
Hyperphagie: le cri d'alarme